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Les aventures de Charly et Nicolas au Salève

March 28, 2015

On décide de partir se promener vers la rivière. On traverse tout un quartier résidentiel tranquillement. Y’a un collège et un tunnel au loin derrière un énorme parking à vélo. On dirait que c’est un tunnel pour aller au bout de l’univers. Mais on y va pas puisqu’on va à la rivière. On y arrive d’ailleurs. Le chemin pars juste avant un petit pont. On marche tout près de l’eau et sous les arbres. Y’a des racines en plein milieu du chemin et des troncs d’arbres abattus en travers aussi. L’eau est limpide et mélodieuse. Y’a un pont en fer forgé un moment sur lequel on va mais on retourne sur le même chemin. Le sentier s’arrête tout à coup avec un petit mur. Il faut le sauter pour arriver sur une route d’un petit village Suisse. On continue à marcher en suivant un marquage pédestre. Un moment il y a une maison avec un chandelier à six bougies à la fenêtre. Une racine d’arbre est accrochée au mur pour descendre sur la route. Le pilier de la boite au lettre est en bois et on y a creusé des petites niches  avec des petites saintes maries posée dedans. Juste après il y a un appentis de charpentier et une superbe construction d’un espèce de nid en forme de ballon de rugby à moitié fermé. Comme un nid de Marsupilami amélioré. On y reste un moment avant de reprendre notre route. On hésite à prendre des tiges de bambous découpées qui feraient de superbes sarbacanes. Mais on les prends pas parce qu’on suppose qu’elles appartiennent au charpentier que nous respectons sans connaître. Même si ces perches ne lui appartiennent probablement pas. Ou même si ces perches, il les a mises là pour les jeter. Bref. On passe sous un pont de grosse avenue en béton. Le genre de pont ou y’a de jolis tags colorés et des graffitis ultra moche ou ultra inutiles. Y’en a un c’est un grand robot sur tout un mur d’au moins deux mètres de haut et trois ou quatre de large. Le robot est comme sur le point d’imploser et tout un tas d’objets sortent de lui comme des voitures ou des usines, des avions. Des trucs de la société quoi. La rivière passe en dessous aussi et y’a des gros cailloux qui ont été jetés pour pouvoir se mettre dessus et taguer les murs a fleur d’eau. Après le tunnel on monte sur la droite pour récupérer le pont qu’on traverse. De l’autre côté on veut rejoindre la rive du gros fleuve mais y’a une énorme usine de béton tout le long de la berge. Mais comme on est décidé à suivre la berge on rentre quand même sur le terrain de l’usine. On passe le portail qui est ouvert.Y’a deux personnes qui nous voient même pas alors qu’on passe juste à coté d’eux. Sur la droite y’a des gros bâtiments administratif, au milieu un gros chemin de terre gravier sable et des camions bennes qui font des allers-retours entre les bâtiments plus loin et des gros tas de sable, gravier, terres. Pour être discrets on passe entre les tas et la rivière. Un moment un ouvrier m’aperçoit de loin. Je lui fait coucou. Il me fait coucou et je continue à suivre Nicolas. On fini par se retrouver bloqués par un vieux bâtiments en ruine. On est obligé d’aller en plein milieu du chantier pour continuer. Du coup on croise le type « coucou » qui nous demande ce qu’on fout là avec un accent venu d’ailleurs. On lui dit qu’on se promène et qu’on veut suivre la rivière. Alors il nous indique le chemin. « Tout au fond, tout droit, ça monte, ça descend. » Alors on va tout droit en peint milieu des ouvriers qui nous disent bonjours. Y’a des vieilles grues, des tas de tuyaux, de briques, de parpaings. Au fond c’est plutôt désert et on atteint un grillage. Qu’on peut contourner par le côté sans problème et suivre un chemin derrière. On arrive sur une pauvre plage bordés de grands arbres qu’on traverse. On tombe sur une grosse bornes marquée « S » et « G » . Et un sentier qui va vers la montagne du Salève.

 

On sait maintenant qu’on y va. Plus ou moins en tout cas. Le chemin est joli. Entre champs et arbres. Un peu boueux parfois. Il fait beau. Un moment dans le sol, une racine serpente et on peut y voir une femme et son foetus à l’intérieur. Plus loin y’a un arbre hérisson puis un panneau qui nous indique un cimetière hébraïque. Ensuite on rentre dans une cabane de hippie. Dedans je trouve un porte monnaie suisse avec un flacon de médicament à l’intérieur. On repart sur le chemin pour trouver le cimetière qu’on fini par atteindre mais ne présentant pas le moindre intérêt. A part une tombe au loin ressemblant à une paire de fesse. On continue, on longe une prairie, on monte une butte, on trouve une fontaine encore plus limpide que la rivière. Et puis là, d’un coup, on grimpe dans un bosquet d’arbre au lieu de suivre la route. Voila une décision qui change radicalement la facilité de notre progression vers notre but plus ou moins inconnu. Car au lieu de marcher tranquillement la route pour rejoindre une bourgade tranquille, franchir un passage a niveau pour voie ferrée pépère et rejoindre le bas de la montagne ; on a grimper dans le bosquet d’arbre et de ronce bien raide pour atteindre une nationale ultra fréquentée et limité à 90. Donc on longe cette route pour trouver un endroit approprié et traverser. Deux cent mètre au bords des voiture et des poids lourds à pleine balle derrière une rambarde de sécurité et en haut de la butte. Du coup en glissant à moitié dans la terre. Bref on arrive à la fin de la rambarde et on décide de traverser. On attend, on attend puis on cours au premier petit espace vide de circulation. Arrivés de l’autre côté on saute directement sur un muret qu’on grimpe pour se retrouver à nouveau dans une pente raide d’arbres, de ronces et de feuilles mortes dans laquelle on slalom entre tout ces obstacles. Tout ça pour buter contre un mur qu’on longe vers un endroits moins haut. On grimpe on saute de l’autre côté. On se retrouve sur un sorte de terrain vague. Voila puis à nouveau on bute contre la voie ferrée. Un train passe entre deux grillages. Ce genre de grillage ultra fin et qui dépasse un peu en haut. Nico hésite pas et le grimpe. Il peut prendre un peu appui sur un poteau qui sort de terre comme s’il avait poussé là pour ça. En haut tu passes une jambe puis tu te retrouve avec un sale appui avec les mains qui s’enfonce à moitié dans la chair. Sans compter que t'as les couilles pas loin de se faire empaler à la moindre glissade. Comme il est passé en premier il me donne un appui supplémentaire avec son coude. Ça soulage mine de rien. Evidemment il faut recommencer de l’autre côté… « Pas très pratique pour traverser ces grillages là »  On passe au dessus de l’autoroute sur un pont et on arrive au pied de la montagne. « Ben du coup qu’est ce qu’on fait ? - On monte. » Enfin de la vrai nature, des sentier de montagne. On transpire car ça monte plutôt bien dans des lacets serré sous les arbres. On commence à voir la vallée de haut. La ville, les grues, les maisons, églises, bâtiments en tout genre, usines. Puis le Jura de l’autre côté. Il fait toujours beau. Un moment Nico s’est bien senti de quitter le chemin pour grimper azimut une pente bien raide dans les feuilles mortes et la terre molle. Cette escapade s’arrête dans une cheminer à 40° entre deux petites falaises. Roches trop glissante sans compter qu’on sait pas où on met le pied car y’a une couche de 30 cm de feuilles au dessus. Bref il se galère bien à redescendre mais bon après on fait la luge dans les feuilles pour revenir sur le chemin. Il est déjà bien assez raide comme ça. Tout en haut du col y’a un escalier de géants qui demande un pas et demi pour chaque marche. Mais bon en fait on apprend par la suite que c’était des dales posée pour un ancien chemin de fer. En haut y’a Monnetier mais c’est seulement le col. On se demande si y’a vraiment un temple Tibetain en haut du Salève.

 

On suit la route jusqu’au bourg. L’église sonne 4 fois d’affiler des dizaines de coups de cloches. On est un peu pommés de ce qu’on fout là. Surtout qu’il y a une baraque à frites là. Et qu’on a pas une tune bien sur. Oui puisqu’on est juste allé se promener au bord de la rivière à côté. On peut pas être plus les mains dans les poches. Mais bien sur on lit quand même les tarifs des sandwichs. Comme si un panneaux d’affichage pouvait nourrir. On s’éloigne un peu avant de se rendre compte qu’on a même pas d’eau. L’église sonne encore une fois mille coups. Je vais demander de l’eau à la baraque. Le type nous en sert gentiment avec des gobelets en plastiques et tout. Une dame est assise là et elle mange une moussaka. Je demande tout haut comme ça au hasard si y’a bien un temple Tibetain par là. Oui y’en a un. La dame y travaille d’ailleurs. Elle s’occupe du restaurant. Elle nous y emmène en voiture si on veut bien attendre qu’elle ait fini de manger. D’ailleurs elle fini pas son assiette car elle savait pas qu’il y avait de l’agneau dans la moussaka et qu’elle aime pas l’agneau. On la regarde poser son assiette sur le comptoir de la baraque à fritte. Nico émet un sorte de glapissement, une tentative de communiquer son désir de ne pas voir cette assiette finir à la poubelle. Tellement faible que personne ne l’entend. Mis à part moi. Du coup, un peu gêné mais bien décidé à m’occuper de cette moussaka, je m’exprime un peu plus fort. Du coup, bingo, on mange un peu. Elle nous partage même de ses frites. On converse agréablement autour de cet heureux partage. De la vie, le Boudhisme, qu’elle s’était renseigné en lisant quelques bouquins, qu’il y avait de très belles choses dans le bouddhisme, mais d’autres pas possibles comme le détachement du désir, qu’elle aime désirer, tant pis pour la souffrance, qu’on est pas là pour renoncer à tous les plaisirs c’est trop bête. Alors oui c’est vrai c’est beau ce qu’ils font, et puis chacun son chemin pour trouver son but, sa réponse. Du coup on s’est mit d’accord comme ça.

 

Bref, on monte en voiture jusqu’au restaurant-monastère Tibétain. Elle nous présente à T’en-zin qui est sur le parking. T’en zin, il est Tibétain. Alors elle lui dit qu’on va au Tibet à pied. Il dit « d’accord ». Elle lui demande si on peut voir le temple. Il dit »oui, ok venez » . On le suit jusque devant le temple puis il nous dit qu’on peut rentrer dedans si on retire nos chaussures. Quand on rentre là dedans et qu’on ferme la porte derrière nous, d’un coup, c’est le silence absolu. Le silence dans lequel on peut entendre ce tout petit larcinage, ce bip permanent. Après tout ce périple, ce remue-ménage, ce silence nous frappe. En face, il y a une grande baie vitrée qui permet d’admirer en permanence les monts du Jura, la vallée de Genève et son lac. Le ciel est très clair, le lac très bleu. Des drapeaux de prières Tibétaines flotte dans le vent. Comme par magie d’ailleurs puisqu’on entend pas le vent. Il y a de nombreuse statues des célébrité Boudhiste, un grand Boudha avec de nombreuse offrande. Comme des pots de miel, des grains de riz, un peu de monnaie… La photo du Dalai lama hier souriant. Au milieu y’a plein de moquette et des coussins de méditations. On contemple tout ça dans le respect que nous impose ce silence de la haute sphère. Et puis on s’assoie, on médite. Contemplation des montagnes et des dessins colorés tout autour de nous. On est comme obligé d’atteindre ce calme profond dans ce lieu. Ce calme où on est juste là, assis, observant le moindre détail de chaque chose comme un enfant qui découvre son monde. Un couple entre, fait un bref petit tour du lieu et puis s’en va. Nous on a pas bougé. Il se passe une petite éternité. On se lève, on s’en va. On vadrouille autour du temple. Le Mont Blanc loin derrière, à l’Est. Les Alpes. L’air est pur. On boirait bien un petit café. Anne nous en a promis un. Mais on la trouve pas. Par contre on trouve un parcours géant pour balles. Un parcours avec des rails comme dans les flippers et tout un tas de mécanismes a poulies, engrenages, pivots, rotations, spirales, etc… on reste là comme des enfants à jouer et tester tout le parcours. Après on fini par retrouver Anne et une amie. Elles font leurs pause café. Parfait. On se retrouve dans la salle de restaurant à siroter notre café crème. Grande baie vitrée sur toute la vallée de Genève bien sur. Grande classe. Sachant qu’on est à 1300m au fait. En bord de falaise. Incroyable. On se demande comment on en est arrivé là.

 

Hyper-cool, y’a plus qu’a descendre la montagne. On suit la route puis on coupe les lacets à grandes enjambées dans la neige. On fini par plus réfléchir, on court droit devant. C’est rigolo, ça glisse et les arbres nous évitent de peu… la falaise aussi. Ah oui tiens on s’est un peu égarés on rejoint la route pour retrouver le chemin. Et le chemin, à moitié neige, à moitié boue. En courant pleine balle c’est incroyable. Les virages à revers, les droite, gauche rapide de cailloux en cailloux. Avoir un laps de temps très court pour déterminer son chemin pour pas se manger la terre, le cailloux, l’arbre. C’est incroyable de vie. On se sent fluctuer pleinement dans la vague d’un univers entier. Le big bang en haut de la descente et sa folle expansion jusqu’au bas de la montagne. Ca a duré 30 minutes et 10 milliards d’année à la foi. Enfin bon on a couru quoi.

 

Rebelotte pour les barrières de la voie ferrée. A nouveau stoppés par la grande route. Sauf que là au bout de trente secondes je lève le pouce. Au bout de trente seconde, une voiture s’arrête. « On va où au fait? -Ah oui, à Thonex. ».  Le type se marre en nous disant qu’il va pas là bas. »Tu vas où? - Annemasse. -Ok, pour nous. ». Voila, en montant dans cette voiture, on rentre encore dans une nouvelle dimenssion. On s’insert dans le flux de la circulation, du cote de la route, de l’heure de pointe. Grosse techno, grosse basses dans la voiture de notre pote. Après le calme de la montagne, le choc est tellement fort que j’en rigole sans raison. Il conduit vite. Je m’attend à l’accident presque avec envie. C’est qu’on prend goût à l’imprévu. Il laisse passer une voiture à son stop, Il se fait même pas remercier et insulte la nana qui est au volant. Il la connait en plus me dit-il. Du coup plus tard à un passage piéton, il manque d’écraser une mémé pensant pouvoir passer avant en accélérant un chouya. Bon, il nous dépose sans accident avant de nous quitter pied au plancher.

 

Nous faut qu’on rejoigne la France. On marche, on marche, les rues, les ronds points, magasins, circulation, les gens affairés à rentrer chez eux le plus vite possible, ça klaxonne à tire larigot. Et puis deux hommes affairés à emménager des affaires rangées dans un camion de déménagement. Ils ont l’air que deux à se galérer pas mal. Nico à l’idée de l’instant. « On peut leurs donner un coup de main. -Ok ». Ils acceptent notre aide avec grand plaisir. Finalement on fait tout le déménagement avec eux. On vide le camion d’inconnu pour mettre les meubles et les affaires dans un appartement tout aussi inconnu. C’est marrant de se retrouver comme ça à emménager au hasard d’un coin de rue. Ça crée des liens instantanément. En fait y’a le grand père, le père et l’oncle qui sont là pour aider la fille et puis nous. Deux parfaits inconnus. On fini le tout par un apéro et un poulet rôti! Trop bon le hasard… Sauf que sans m’en apercevoir j’ai fumé une bouteille de whisky à moi tout seul. Le père à la main lourde et nous sert dès qu’on a le verre vide. Puis l’alcool amène aux grandes discussions. La vie, le principe de donner aux autres sans rien attendre en retour, quand on est jeune c’est facile mais plus on vieilli plus on se rend compte qu’on a jamais rien en retour… j’ai juste retenu ça de ce début de soirée qui va finir de plus en plus flou.

 

Car il faut encore qu’on rentre en France, à pied, de nuit avec pas mal de poison dans le corps. On marche, on prend le tram, Nico se roule dans le tram puis on arrive à Cirqule. On fait une brève apparition dans la roulotte d’Agathe, on rigole, on raconte n’importe quoi. On continue notre retour à la Tortue, Nico à l’air bien arrosé et moi aussi bien que je ne me sens pas du tout sous l’effet de quoi que ce soit. Arrivé à la Tortue on décide de planter la tente pour dormir au frais. Sans problème, on s’installe bien, on s’endort, tout va bien. J’ouvre les yeux d’un coup dans la tente et tout tourne. Je sent que ça vient, j’ai froid. J’attend dans le mal avant de me décider à sortir de ce manège infernal. Dehors il pleut, je suis en calbute et j’attend une éternité dans le froid et le mouillé. Tout sort enfin et ça me libère. Je vais pouvoir enfin m’endormir… ou me réveiller de ce long rêve.

 

 

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